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2/022022

Retour sur le webinaire du 27 janvier 2022 | Les femmes et l’économie post-pandémique – perspectives sur la « she-cession »

Montréal

Le 27 janvier dernier, la section de Montréal de l’Association des économistes québécois recevait à sa tribune Armine Yalnizyan, Fellow de la Atkinson Foundation on the Future of Workers. Sa présentation était suivie par une discussion animée par Marie Connolly, professeur titulaire à l’Université du Québec à Montréal et directrice du Groupe de recherche sur le capital humain.


À l’aide de graphiques, Mme Yalnizyan nous a démontré le caractère très inhabituel de la récente récession économique marquée par une baisse des emplois beaucoup plus importante chez les femmes que chez les hommes. Au début de la pandémie, avec la fermeture dans le secteur des services, les pertes d’emploi dans l’ensemble du Canada ont été fortement concentrées parmi les femmes, d’où l’origine du terme « she-cession ». Dans les récessions précédentes, la grande majorité des emplois perdus touchaient plutôt les hommes. Bien que le marché du travail se soit redressé au cours des derniers mois, les gains sont inégaux entre les hommes et les femmes, en particulier lorsqu’on regarde les groupes plus âgés. Les femmes de plus de 55 ans sont beaucoup plus nombreuses à s’être retirées que leurs homologues masculins.


Comparant la reprise de l’emploi au Québec avec celle de l’Ontario, les graphiques montrent des tendances surprenantes. Alors qu’on s’attendrait à ce que la réouverture des centres de la petite enfance au Québec permet un retour au travail des femmes, le niveau de l’emploi a peu varié pour les familles ayant des enfants de 0 à 5 ans. En Ontario, toutefois, l’emploi est en hausse depuis quelques mois pour ces familles.
Mme Yanilzyan a également abordé la question de la pénurie de main-d’œuvre, maintenant devenue chronique en raison du vieillissement de la population. La population en âge de travailler diminue. Pour pallier les pénuries de main-d’œuvre, Québec peut se tourner vers les travailleurs étrangers. Par contre, les derniers chiffres sur l’immigration montrent qu’un peu plus de 30% des immigrants seulement ont été autorisés à rester de façon permanente. Parmi les solutions, elle suggère aussi de recourir davantage aux groupes de la population dont les taux d’activité sont plus faibles tels que les Autochtones, les personnes handicapées et les communautés racialisées. Sachant que les pénuries de main-d’œuvre sont particulièrement criantes dans le secteur des soins de santé, un secteur où les femmes sont davantage présentes, et que ce secteur est appelé à croître de façon soutenue, Mme Yalnizyan y voit l’occasion d’utiliser ce secteur pour soutenir la classe moyenne en ce début du XXIe siècle, un peu comme le secteur manufacturier dans les années 1950 à 1970.


Bref, la présentation de Armine Yalnizyan et la conversation qui a suivi avec Marie Connolly a soulevé plusieurs pistes de réflexion concernant la dynamique du marché du travail, actuelle et à venir. Le Québec est aux prises avec des enjeux de pénuries de main-d’œuvre qui vont persister et des solutions doivent être envisagées.

 

Visionner l'enregistrement du webinaire en cliquant ici.

Consultez la présentation PowerPoint de notre conférencière, Armine Yalnizyan en cliquant ici. 

Consultez cet article de Carole Le Hirez portant sur le webinaire